
samedi 13 février 2021
Mon renvoi des Hauts de Hurle-Vent....

Les oiseaux "ne" se cachent "plus "pour mourir.
Le calme semble se frayer une rigole dans ce terrible tremblement de terre qui secoue mon petit pays.
Un semblant de vie semble reprendre ses droits sur la mort, la déchéance et le chaos.
Les magasins réouvrent.
Les marchands s'installent anarchiquement dans les avenues marchandes.
La population se réorganise dans ce couvre feu du mieux qu'elle peut.
Les hirondelles reviennent timidement sur nos toits.
Je rentre dans mes journées active, remplie de bonne foi et lorsque ce matin,je rentre dans mon bureau ,je tombe dans une inanition frôlant la folie.
"Voleuse, criminelle, mains sales , sale pute, usurpatrice, conspiratrice avec l'ancien gouvernement et sa belle famille...je te poursuiverai jusqu'en enfer et nous le peuple nous nous vengerons."
Il se lève vers moi et tente de me frapper.
Il n'est autre que mon collègue au travail , un médecin comme moi.
J'ai toujours marché sur le bas côté, jamais dans les grosses artères pour ne pas être écrasée.
J'ai toujours appris à retenir ma respiration, à vivre en sorte d'apnée pour ne faire place qu'au souffle des autres.
J'ai toujours joué dans la cour des petits où la voix retentit sans faire d'écho.
J'ai toujours mangé , ruminé, évolué sans rot ni bruissement ni bruit juste très peu ou suffisamment pour faire figure de présence.
Juste de présence..
J'ai toujours fait foi de silence lorsque je devais hurler.
J'ai toujours ri lorsque je devais pleurer.
J'ai toujours tu, enjolivé ou pommadé lorsque je devais arracher et refuser.
J'ai toujours compris ou essayé de comprendre lorsqu'il n'y avait rien à comprendre ni à supporter.
J'ai toujours dosé, fait attention, pris des gants et des précautions jusqu'à m'interdire de jouir ou de ne me réjouir qu'à moitié.
J'ai toujours esquivé, paré lorsque je devais me défendre et dire non.
Je me suis toujours cachée pour pleurer, panser une plaie ou rire à fond.
A cela se jalonnent les intempéries de la vie qui m'enfoncent un peu plus dans cette sorte d'ascétisme forcé et presque inné.
Pourquoi ?
parce que j'appartiens à cette minorité qui se doit de faire profil bas
parceque j'appartiens à ce corpuscule qui a appris à marcher face au mur ne
voyant rien n'entendant rien et murmurant dans ses souliers
parce que j'appartiens à cette gente qui doit se taire lorsqu'il faut parler
parce que j'appartiens à ce groupe qui n'a rien à dire rien à rappliquer rien à juger rien à décider rien à soutenir rien à défendre juste qu'ils ont été là au mauvais moment et quand il ne faut pas.
Allez demandez à un estropié ce qu'il aimerait faire dans son fort intérieur lorsqu'un minable se dresse pour le violenter et peut-être vous comprendrez
Allez demander à une prostituée ce qu'elle aimerait faire subir à son mac lorsque la nuit, elle est livrée aux fantômes de ceux qui l'ont pénétrée et peut-être là vous comprendrez
Allez demandez à un enfant battu de ce qu'il voudrait faire de son parent violent et peut-être là vous comprendrez
Allez demandez à un serviteur ce qu'il aimerez faire de son patron despote et exécrable et peut-être là vous comprendrez
Allez demander à tous les opprimés, les faibles, les sans voix ce qu'ils aimeraient faire de leurs bourreaux et peut-être là vous comprendrez
J'ai connu la guerre des six jours alors que je n'étais pas plus haute que trois pommes comme dit Gabin,je crois.
J'ai surpris la terreur dans le regard de mes femmes de ma famille maternelle mon seul monde fréquenté(l'autre s'est fermé à moi par la force des choses et des préjugés)
J'ai connu l'exil sans exil et c'est pire car on vous oblige à tout ce que j'ai déjà énuméré et plus encore que je n'oublie.
Exilée dans son propre pays, sa propre bande son école ses amis dans le moindre jeu d'enfant et lorsque cela tourne au roussi, on criera non pas au plus fort ni au gagnant mais toujours au perdant rien qu'au perdant soit l'estropié, la prostituée, la violée....et Dieu seul sait si cela n'est vrai.
faîtes votre enquête demandez autour de vous et vous verrez..
on en veut toujours un peu à la gamine qui s'est mise dans les pattes de son père pour qu'il bande et la touche ou cette autre courant seule dans ce bois ou cet autre qui a exacerbé les tensions en revendiquant ...
toutes ces victimes, on commence certes à les reconnaître, les plaindre mais nous ne pactisons jamais avec le feu.
Nous préférons rester prudent.
si j'avais à choisir un ami,je prendrai pour ma fille ou mon fils un propre sans tâche dans son dossier jamais un fils de violeur, de sans papier d'irrégulier ou moins que nous toujours mieux toujours mieux
EXCUSEZ-MOI, je divague et me perds.
mais c'est parce qu'un ras le bol furète mes arrières.
Une marée montante emporte mon passé.
Un débâcle diarrhéique inonde mon présent.
Je me lève galvanisée par Samson,HERCULE ou Titan.
J'ai plusieurs têtes, cinq mains et cent voix.
Je hurle ,m'empare de lui le médecin du matin, le soulève,le projette hors de mon bureau
Je le crible de jurons, de mots que je n'ose répéter.
Je l'achève en refusant de prendre peur, de jouer son jeu, d'endosser injustement et surtout de me taire et de subir comme avant l'outrage et l'injustice en faisant dos au vent jusqu'à ce que la tempête tombe.
Non cette fois,je suis la tempête.
Mon dos ne se veut plus lisse , courbe pour supporter jusqu'à la fin
Le Nil est à sa crue .
Il casse les barrages,emporte la digue,les non dits,les années de mutisme,le semblant de survie à deux sous.
Une fracture terrestre soulève des chapes d'injustice anciennes et récentes.
Je me rue vers lui et pour une fois écroule sous ma voix des années de ténèbres, de tâtonnements et de brisure.
Je le défonce sans scrupule ni hésitation parce que j'ai connu les esprits mal tournés,les fantasmes des fausses rumeurs, les dérives des obtus et des bornés, le joug du fanatisme et de l’intolérance
Pour tout cela, j'ai décidé de ne plus me cacher pour mourir.
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