lundi 30 novembre 2009

La grippe AH1N1 et c'est le médecin qui parle....

Très jeune j'ai appris à plus écrire que jouer.
C'était mon jeu à moi extérioriser les mots:
le gros mot qu'on ne doit pas dire
le mot qui blesse et qui une fois sorti fait mois mal
le mot dangereux qui hante la nuit si on le tait
le mot qui enchante car il a le goût du sucré
celui des mots doux bien sûr mielinisés par des passages tendres affectifs où se tenir la main, se regarder dans les yeux, sentir le souffle de l'autre sont éternellement beaux .
Telles étaient mes convictions. Tel était mon univers peuplé de mots dits mais surtout écrits lus ou griffonnés.
Je n'ai pas eu l'occasion de me divertir autrement:les livres me jalousèrent tout autre chose.
Je n'ai point eu l'occasion de connaître les boîtes de nuit dont parle Epamin.
De mes temps, cela ne se faisait pas et de la seule boum que mon père m'autorisa, je suis arrivée en retard lorsque tout le monde était rentré.
Malheureuse ou bienheureuse, mes études par la suite ne me laissèrent guère plus d'occasion.
Je dis tout cela pour expliquer pourquoi écrire m'est une habitude mais écrire quoi surtout mes questionnements,mes contrariétés, mes feedback , mes rancoeurs, mess amitiés mes amours enfin tout.
Alors des fois sur le net et depuis que je connais le monde du blog , je ne m'arrête même pas chez certains bloggeurs moi qui aime tant lire.
Les pages sont fades et ont le goût du superficiel, du chichi alors je zappe.
Des fois je m'étale chez certains.
Souvent,je les envahis au point de leur faire peur ou les hanter alors que mon intention est juste amicale, amoureuse de leurs mots
si justes et si éloquents.
bon toujours je me perds et je ne viens pas à l'essentiel: pourquoi j'écris aujourd'hui.
Je voulais parler en tant que médecin qui voit chaque jour depuis quelques temps de nombreuses personnes malades et touchées par la grippe AH1N1
Cette grippe tellement médiatisée et tellement appréhendée.
Je rentre dans mon cabinet, dans les maisons tellement tête en l'air que j'oublie de porter mon masque et mes gants..
Ouh est-ce vraiment de la négligence?
certainement mais surtout lorsque je suis devant le malade toutes mes craintes SE volatilisent et seule ma crainte de ne pas réussir à le garder me troue l'âme.
Lorsque je le vois fébrile à tressauter au plafond par cette méchante grippe ou encore à gémir dans son lit comme dans un mouroir parce que tout le monde à la maison le craint à partir de sa propre femme, j'ai envie de vomir à la KAFKA moi aussi parcequ'il n'y a pas pire que la bêtise humaine.
Je me souviens du dernier patient qui pourrissait seul à l'étage , la fièvre le taraudait ascendante et sans répit alors que personne ne venait pour le tenir lui qui n'arrivait pas à se soulever pour avaler son médicament .
Je me souviens seulement de mon regard mauvais à sa femme et les autres de la maison qui en me faisant honorer se faisaient tout petits .
Je n'ai rien contre la prévention , les justes craintes et la réflexion.
Mais je crame fort devant l'entêtement, la bêtise, l'exclusion et le manque à réfléchir comme devant cette ado grippée qui a tenté de se suicider parce que tout le monde la craignait même sa mère lui glissait la bouffe sous la porte comme dans les prisons ou les léproseries.
Alors je vous dis pas ma colère qui devient terrible et sans gant
Ouh, je sors de mes gonds, le médecin à la con qu'on n'ose me dire!
Et si j'ai un message à écrire par ce biais de ce matin c'est de ne point paniquer et surtout de ne pas adopter de telles attitudes exclusives et inhumaines.
Nos malades ont besoin certes de soins et de médicaments mais surtout de notre amour.

vendredi 27 novembre 2009

Association internationale des victimes contre l'inceste


Par hommage à mes femmes
Par hommage à Margot
Par témoignage dans AIVI dont je suis adhérente
Je remets ce texte en ligne pour espérer faire bouger les choses


c'était les années cinquante, il me semble.
Le pays connaissait de grands remous.
Capitulation du colonialisme,
Guerre et rébellion,
Grave crise économique(le français n'étant point le seul à avoir sucer le jus,
le ver était dans le fruit bien avant le protectorat...)
Bref, je ne pourrai m'étaler dans un tel débat,
je n'en ai ni la force ni les facultés nécessaires,
mes seules capacités se résument modestement à essayer de transcrire quelques images.
Fruits de la réalité ,
Brutale percée dans un nid cafardeux,
Imagination florissante sur des bouffées délirantes comme dirait le psy .
Mais tenons -nous à Margot.
Elle devait s'enfoncer dans le passé dans un gros effort de maîtrise de soi pour ne pas gémir et ne pas hurler.
Juste pour avoir "des mots pour le dire", se raconter.
Avant cela, il lui fallait sa petite bouteille de whisky son amie et la voix de la Sayeda Om khaltoum, sa souveraine qui savait égrener les mots un à un pour mieux décrire ou panser.
"HASSIBEK LIL ZAMAN" (je te livre au destin)
C'est comme si elle soulevait la trappe sous laquelle elle se terrait pour faire un peu de lumière dans sa nuit .

Les temps changeaient en valsant un regain de misère et de besoins élargis.
Sa mère s'était installée avec un nouveau prétendant et était enceinte de la toute dernière.
Cela la contrariait dans la mesure où leur situation était déjà précaire qu'il fallait en rajouter..
et puis, elle commençait à grandir ,
à devenir femme
avec ces horribles petits boutons "la kebla ou poitrine" qui s'annonçait généreuse et lui valait quelques regards insistants de certains énergumènes de la hara .
Comme elle ne s'aimait pas déjà d'être une fille que se savoir en pleine transformation pubertaire la rendait gauche, mal à l'aise PRESQUE MALADE.
Et puis son soi-disant futur beau-père avait durci l'ambiance depuis que sa mère avait fait cette petite fête en son honneur pour célébrer le menarque.
Cruel rituel, tradition à la con qui marquèrent au sang et au feu sa maturité sans la moindre discrétion.
On lui fît porter une ridicule robe blanche signe de sa sainteté ou presque.
On fît quelques prières au Seigneur, on chanta .
On dansa aussi un peu mais on le dit à tout le monde sur le modèle des familles juives où tout se sait où tout se dit.
Depuis, elle se sentît prisonnière de son corps, de son évolution, de ses rondeurs qui l'embellissaient aux yeux des autres mais la confondaient à ses yeux
Et puis, elle se sentait gêner, rougir,trembler comme une feuille quand le regard de l'autre se posait sur elle.Ses allées et retour à la maison pendant que sa mère était au boulot devenaient plus nombreux.Elle se sentait piégée dans ce corps de femme qu'elle détestait et quand par hasard, il était là et qu'elle était au seau et la serpillière, elle évitait de croiser son chemin et ses yeux rouges par l'apéro et d'autres choses inexpliquées.
Dans la loi de la jungle, le prédateur s'annonce en s'abattant sur sa proie, la sienne était faible et sans soutien!!!
Et je l'entends hurler
du loin de mon âge adulte
du haut de mes diplômes à la con
du fond de mes terreurs nocturnes
du plus profond des bleus de ma mémoire
des tréfonds de ses malheurs,je..
Je l'entends hurler quand la bête a transpercé la vierge pour la tâcher à jamais!
POUR ELLE ET SES SEMBLABLES, j'ai écrit

J'appelle à la guillotine :

Ce monsieur et cette femme.

Elle hurle en premier :
Ce n’est pas moi

Ce n’est pas moi qui me suis approchée
Cette nuit et les autres...
Du lit de notre aînée.

Ce n’est pas moi qui soufflais fort et excitée
Le regard fauve aux envies bestiales
Une main sur la bouche de l’enfant,
L’autre sur son sexe qui se dressait

Ce n’est pas moi qui chatouille dans le cou
Emprisonne la bouche à l’instinct vorace
Goût du pêché
Goût du fruit défendu
Des doigts de feu s’amusent à s’égarer
D’abord dans les cheveux
Puis dans le cou, descendent peu à peu
Empoignent ses boutons
Qui viennent à peine de fleurir
Et de mourir en bourgeons.

Ce n’est pas moi qui contourne les rondeurs,
Farfouille dans la complicité de nuits assassines
Du noir morveux
Du silence nerveux
Furète dans une intimité encore plate,
Joue de ses doigts de feu
Sacrilège et profanation
De ces quelques centimètres de chair et de sang !

Ce n’est pas moi qui fais grincer le lit
Dans une branlée animale
Dans des draps tièdes aux senteurs poisseuses
Sueur piquante et autre odeur fade…

Ce n’est pas moi qui fais monter le désir
Un désir d’instinct
Frappe à vie de culpabilité
Syndrome de Stockholm et chantage affectif
Agresseur et agressée
Rôles inversés

Je l’ai souvent entendue le soir pleurer
Toute enfant qu’elle était…

Coupable a-t-elle hurlé
De ces silences assassins
De ces sourdes oreilles
De ses feintes de sommeil
Coupable de n’avoir pas défendu l’enfant
Empêché de la faire venir dans le lit de papa-maman
Etrangler le désir animal
Finir avec la bête depuis des années

Coupable d’avoir laissé faire les choses
D’avoir adopté la négligence
Pour sauver les apparences
Pour ne pas faire parler les langues
Pour ne pas déranger la réalité
Pour ne pas heurter les sensibilités

Coupable d’avoir préféré le silence
Aux complaintes de l’assassinée
Le confort du secret
Aux peaux pénétrées,
Aux gémissements de douleur.
Regards hagards, foi écroulée
Fin fond des abîmes
Enfance violée et volée
Dieu absent et profondes déprimes !

J’appelle à la guillotine tous ces hommes et femmes coupables de telles profanations.
J’appelle à la guillotine toutes ces mères qui taisent de tels secrets et laissent faire les abus dans un souci de confort de famille et rarement de peur.
J’appelle à la guillotine encore ces mères qui enfantent et s’absentent, qui laissent seuls même pour un instant la bête et l’enfant.
J’appelle encore ces mêmes mères qui laissent partir les enfants chez une tante ou un parent sans les surveiller car il rôde toujours le détraqué. C’est des fois le père, le frère ou un aîné.
J’appelle à la guillotine cette maîtresse ou ce maître qui n’a rien vu venir chaque jour un peu plus, dans le mal être de cette enfant.
J’appelle à la guillotine ce médecin scolaire à la con .
Imbue de sa médecine et de son manque d’expérience qui examine l’enfant,
Suspecte les attouchements et renvoie au légiste.

Homme de loi, homme de foi
Mère en délit de démission
Père en capitulation
Médecin dans sa fougue légèrement grossier
Se laisse piéger par tant de désaveux
Laisse partir et clore le dossier …

J'appelle tout ce monde à la guillotine !

mercredi 25 novembre 2009

Radrek lia


Parceque vous vous inquiétez de moi, je vais vous raconter non pas mon histoire mais
celle d'une de mes femmes rencontrée un jour sur le palier de ma vie.
J'aime raconter des histoires non pas pour bluffer mais parce que c'est en regardant les autres qu'on apprend..
Mais qu'apprend-on?
On apprend surtout à se donner la main pour se soutenir et mieux avancer.
Elle était de ces beautés juives ou arabes peu importe car l'amour n'a pas de couleur ni d'identité, la trahison non plus.
Une femme belle aux formes rondes au décolleté généreux dotée d'un rire , d'une dentition superbe à ravir.
Le soleil dans chaque fossette.
Elle avançait dans sa vie toujours speed et sans grand luxe sauf celui d'être ménagée par les défaillances de la ménopause.
Une beauté intacte dont elle décomptait aucunement sauf du regard insistant mais silencieux de ce bel italien aux cheveux grisonnant et puis cet accent mielleux et chaud lorsque derrière sa caisse, il lui disait bonsoir et à demain.
Une voix qui assure mal en lui répondant.
DES joues qui deviennent roses.
Une montée d'adrénaline comme si elle avait quinze ans.
Mais vite cette reprise,
cette voix intérieure qui mugît en elle,
cette maîtrise in extrémis qui gèle tout de la moindre vibration à l'extrême faiblesse.
Mais sommes nous faibles quand nous aimons?
Sommes nous en droit de nous en cacher, nous en préserver comme les enfants de la lune du soleil?
Je crois que pour Margot et ses semblables, la médaille n'a pas de revers juste un itinéraire qui file droit jamais vers le soleil mais vers la mort.
MAIS de cette finitude froide et gelée, elle se voulait adhérente car il y a de ces amours interdits pire que dans la consanguinité.
Plus jamais, elle n'aimera.
Plus jamais, elle ne se laissera faiblir.
Plus jamais, elle ne se donnera entière et aimante.
Son corps et son coeur se sont scellés dans un connivence terrible pour ne plus jamais aimer comme frappés à jamais par le syndrôme de la frigidité .
Pas de faute dans l’ars amendi.
Elle passe une main moite sur son front comme pour chasser un passé fantôme
comme pour zapper l'innomable.
Elle secoue sa belle chevelure noire toujours étouffée dans ce chignon austère
pour faire partir les souvenirs qui recommencent à l'assiéger.
Elle s'interdit de trembler et s'appuie à la porte du métro qui la ramenait chez elle
dans son modeste appartement de Paris très loin de sa Tunisie natale.
Ce soir et comme tous les autres soirs, elle videra seule sa bouteille de whisky jusqu'à la dernière goutte , brûlera encore et encore toutes ses cigarettes sous les refrains brûlants de sa diva Om khaltoum la chanteuse égyptienne sans égale dans " radrek lia" traduit dans une phrase universelle "ta trahison pour moi.
Elle finira également comme tous les soirs mangeant peu et buvant beaucoup dans les chiottes das des crampes insoutenables , des révulsions plus que douloureuses comme pour se vomir et vomir jusqu'à la moindre fibre de son âme.
Celle qui a un jour il y a si longtemps osé frémir sous ses caresses et croire en l'amour.
Une autopunition
Un autochâtiment encore plus supportable que le souvenir de ce jour où accompagnée de ses soeurs, sa mère avec qui le mariage l'avait réconcilié, ses amies de fortune sous les sons de la darbouka , le frou frou de son sefsari e soie pour l'occasion et surtout le youyou de ses femmes à l'entrée du hammam .
Au hammam, sa matronne la lava,l'épila, la massa, l'enveloppa de milles et un parfums.
Emmitouflée, cachée du regard des autres et surtout du mauvais oeil,elle l'habilla de milles soieries.
Une peau lisse.
Un regard illuminé.
Des sens tendus attendant avec impatience l'accomplissement de l'acte sacré sous les
regards heureux de ses femmes en transe qui ne finissaient pas de danser et de tournoyer autour de la future mariée jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Mais pourquoi tardait-il?
Pourquoi les klaxons du cortège en fête tant espéré s'était arrêté à la porte d'à côté et n'arrivaient pas jusqu'à elle?
Il n'y avait pas le téléphone ni les portables en ces temps mais un pincement au coeur, les regards qui fuient, des chuchotements écœurants, des frémissements macabres qui prévenaient de la catastrophe
qui prévenait de la mort avant son arrivée.
Margot se cacha dés lors pour mourir.

Son fiancé ne vint jamais ni son cortège pompeux mais juste des échos le lendemain où lui parvinrent qu'il avait épousé voisine d'à côté dans leur appartement" son nid d'amour qu'il aimait appelé.
LE leur qu'elle avait soigneusement équipé à ses frais en le payant en se vendant chaque jour un peu plus dans ce fameux bordel de renommé!




NB
pour celles qui doutent à croire allez me lire au début du blog alors peut-être comprendraient-elles.....

lundi 23 novembre 2009

Amour et trahison

Je ne sais pourquoi j'aimerai mettre en ligne ce soir ce poème écrit voilà
il y a presque un an..
Probablement parce que ma navigation dans certains blogs m'y a invitée..
Probablement parce que le blues de mon amie Sylvie m'a vite contaminé...
Sûrement parce que l'inspiration me manque et que je ne trouve rien..

Je voudrai parler de quelque chose
Qui me tient à coeur
Qui racle au fond de moi émettant quelques rancoeurs
Je voudrai parler des ces deux,
Amants d'il n'y a pas si longtemps
Tellement amoureux
Tellement fusionnels
Il buvait à sa source
Elle buvait à son jet
Il tarissait d'éloges
Elle chérissait d'apothéoses
Il allait et venait en elle,répétait d'ardeur au summum de l'ivresse
Elle reposait sur lui, se posait et naviguait dans ses cieux
Sa peau sent encore le parfum de son dieu
Il marchait dans sa tête
Elle marchait dans la sienne
De pas en pas et à grands pas
Sa tête emplit de ses promesses
Son corps tremble encore de ses caresses
Bleu et blanc était l'océan
Bleu des yeux qu'on soutient
Blanc des coeurs qu'on ranime
Blanc des blouses qui s'affairent
Bleu des âmes qu'on tue
Dans un coin de rue
Dans une page honteuse
Dans une senteur coupable
Dans une ardeur qui manque
Dans un geste impatient
Dans une colère démesurée
Dans une hargne sans cause
Dans un reproche sans faute
Dans un regard humiliant
Dans un autre charmeur
Rivé vers l'autre
Dans un complet irrespect
Dans une totale négligence
Dans une parfaite ignorance
Dans un insupportable dédain
Et le geste fatidique
Pour y mettre fin....

dimanche 22 novembre 2009


Toute la soirée, j'ai regardé un film conseillé par ma petite Sana rencontrée il ya deux ans à Dubai.
Sana est une très jolie fille intelligente et extrêmement gentille.
Elle s'est spontanément proposée comme mannequin pour les vêtements choisis à ma fille qui n'était pas du voyage.
Sana est une fille très pieuse et porte le voile par conviction et non par fanatisme.C'est son choix et je la respecte très fort.
Elle se propose ce soir et bien d'autres fois encore à jouer les médiateurs, les colombes d la paix, de la tolérance en me proposant de voir:
"va vis et deviens"
A toi Sana, je dis merci pour ta sensibilité, ta finesse et surtout ton humanisme.
C'est un film à voir absolument à voir à voir.
Mais ce qui est absolument interdit de rater c'est la grande ouverture d'esprit
que possèdent certains gens indépendamment de leur culte et de leurs origines.
Ce film ,je l'ai particulièrement vécu comme une grande gifle à l'égard de l'obscurantisme et le fanatisme, juif dans le film il était mais cela peut se calquer sur le chrétien ou musulman...
Un film magnifique avec de très belles leçons de vie qui nous invite à nous accepter les uns les autres dans nos différences sans avoir à nous déchirer.
Nul n'est en droit de cautionner la censure, le racisme et l'intolérance.
Sur ce blog,je reviens souvent à la question judéo-musulmane non pas parcequ'elle reste d'actualité mais comme me le reprocheraient ouvertement certains pour cette dualité que je porte en moi, qui me façonne, qui fait de moi l'être un peu spécial que je suis.
A fleur de peau certes,
double certainement,
malhabile je l'accorde,
malassise aussi
mais jamais hypocrite et pervers!
Donc je disais sur ce blog,je suis souvent revenue sur ce point vécu comme une plaie sensible mais dont j'estime être guérie certes après une grande remise en question qui m'a coûté je l'avoue en douleur, humiliations et prises de tête ...
Commet ne pas l'être quand chaque jour que Dieu fait, on te matraque de sale juif, sale arabe, de jifa , de voleur, de terroriste pour l'arabe que je suis...
Je n'oublie de mettre en relief le nombre de tuerie, de corps explosés ou de raids dont chaque jour on m'accuse..
Mon insistance de me découvrir et parler n'est pas dicté comme certains me le reprocheraient par un acte de nudisme, d'indiscrétion et inintimité mais pour prendre enfin la parole, délier le silence de mes aînés,partager et surtout construire.
En écrivant comme je le fais, je ne fais pas du grand art.
Juste j'écris.
Or écrire est pour moi comme un jeu pour un enfant, il le construit,il le fait évoluer.
Pour moi c'est mieux encore,il me permet de bien vivre si ce n'est de vivre tout simplement.
Hier et maintenant, dans ce blog avant les blogs lorsque toute jeune peut être encore dans le ventre de ma mère , j'ai toujours écrit parce que je crois fermement et intimement que
" le mot est glèbe, glaise, glaive.Le mot est tueur de certitudes, ébranleur de socle"
même si je reprends ce qu'on a déjà dit.
Humblement, je tiens par mon mot à m'engager et dans cela,je ne garderai aucune intimité.
J'abattrai la pudeur.
Je laisserai tomber mon voile
et je tirerai non pas le rideau noir
mais je ferai toute la lumière sur ma condition et celles de mes pareils pour qu'on ne puisse plus nous nuire ni nous atteindre !

mercredi 18 novembre 2009

Je viens de rentrer de chez ma fille.
Plus de sept cents kilomètres.
Tout est relatif dans la vie même les distances s'évanouissent ou se vivent selon
une conception bien déterminée. Par exemple en Mauritanie, pays vaste comme je ne sais combien de fois la France, sept cent kilomètres n'ont pas leur contrepoids.Au contraire de mon pays faire cette distance c'est aller de l'extrême nord au sud.
Tout cela pour dire combien cela a été exténuant pour moi de revenir dans les vingt quatre heures.Pourtant, je me secoue et trouve dans ma visite éclair une vitalité
hors du commun.
Oh combien il m'a été doux de me frotter à plein temps à mon enfant devenue femme en si peu de temps.
Oh combien nous ne mesurons jamais assez la vitesse avec laquelle les années nous filent entre les doigts et nous n'imaginons jamais nos enfants grandir, se détacher de nous pour voler de leur propre ailes.
Comme elle est belle ma fille.
Comme elle a grandi dans sa tête et à mes yeux.
Une vraie battante cette enfant moi qui l'ai élevée dans du coton, elle se prend en charge comme jamais je ne l'aurai cru mieux encore comme je l'ai toujours pensé.
En m'accompagnant à la gare, elle cachait mal ses larmes sous ses lunettes dorées
les miennes coulaient impertinentes et à flot.
Ce qui ne m'a point empêchée de lui cuisiner des plats pour un bataillon et l'armer de kilos de victuailles pour parer à quoi.
Je ne sais pas mais sûrement que cette fibre juive qui gît en moi double d'intensité face aux corps à corps ou aux soucis pour tomber dans l'abondance et les excès toujours et toujours.
De cela, je ne peux guérir.
De cela, je ne me veux libre.
Et puis il faut bien la nourrir, la préparer pour ses examens et puis il y a cette mauvaise grippe qui commence à mordre dans notre pays .Tous les motifs sont bons.
Tous les jours, j'ai à ma consultation quelques cas fortement suspects.
La liste commence à s'allonger et nous ne savons plus de quelle tête donner.
Nous aussi nous butons sur le vaccin.Beaucoup de controverses, très peu de recul.
Malgré mon diabète, je ne compte pas me vacciner.
C'est fou si je comptabilise les risques encourus de part ma profession mais la encore cette pauvre fibre revient.
Les juifs sont autant peureux de la maladie que des médicaments.
Ma tendre mère et tous ceux avec qui j'ai grandi de son côté n'aiment jamais parlé ou entendre quelqu'un se plaindre de sa personne ou d'une tare grave comme le cancer.
Alors, il faut voir combien elle sont comiques tellement adorables dans leur croyance ancrée dans une naïveté aux limites de l'idiotie et de l'ignorance.Et s'il arrive par malchance que le malade les côtoie ou en parle, elles se donnent en silence le mot et retourne leur langue dans un geste automatique comme pour stopper la maladie à la porte de leur palais.
Ou encore lorsqu'elles murmurent muettement leur "mteikomlikom" soit "ce qui est à vous reste à vous". Bien entendu en ce qui concerne la maladie.
Je ne puis m'empêcher de sourire lorsqu'elles se mettent à branler leur main en un signe de parage du mal par la main de Fatma, les cinq doigts dessus ou la Haouta :le poisson lorsque l'une de leur progéniture prodige passe ou est évoqué.
Pour toutes ces dames, leurs enfants sont hors du commun alors bonjour les mains de Fatma dans le dos ou en pleine face éloigner le mauvais oeil.
Des fois c'est tellement exagéré que je pars dans un rire franc au grand froncement des yeux de mes aînés car chez nous on ne badine pas avec les coutumes.
En avançant dans l'âge armée de mes diplômes, je ne puis que fondre devant ces bêtises de respect bien sûr et d'amour pour mes femmes.
Je parle souvent de mes femmes juives non pas que je suis plus juive que musulmane .
Au contraire mais c'est dans les jupons de ma mère et mes tantes que j'ai étè élevée alors il est plus que logique que je leur sois redevable de ces quantités de gestes chargés d'amour et de bonté.
Il est plus que logique que je me mette à marcher sur leur trace et les mimer.
Pour la mémoire.
Par amour;
Par gratitude.

dimanche 15 novembre 2009


Aujourd'hui j'essaierai de ne pas trop penser.
De ne rien écrire, de ne pas rimer.
Je veux que mon jour se lève sur de la beauté
Je veux me soustraire au désordre des choses.
Je veux sourire à la place de mordre.
Je veux devenir enfant de mon pays.
De ses oasis et ses prairies.
Où chaque arbre est une féerie.
Où les palmiers se donnent la main.
Les orangers la joie et milles parfums.
Je veux laisser le soleil se raconter.
Ses éclaboussures me pénétrer.
Je ne veux plus déranger le silence de mes aînés.
Je ne veux plus rester aux portes de ma mémoire et pleurer.
Je ne veux plus rien défigurer.
Comme mon amie Solange,je répéterai
C'est dans les choses de tous les jours qu'on se découvre une beauté
Je veux parler d'amour encore et encore.
Dans le jour et dans la nuit.
Dans le réel et dans le virtuel.
Amour de la tête aux pieds.
Comme une gamine de seize ans.
Comme le normand.
Pour sa Solange et toutes ces années.
Aujourd'hui une nouvelle page à tourner, une année à classer.
Une autre à démarrer.
c'est comme ce jour que je suis née.