samedi 31 octobre 2009

Il avait écrit le 5-1-92 , mon papa.
Dans une écriture majestueuse où il avait certainement sorti la langue.
Une gestuelle de grand enfant pour s'appliquer.
Ce que j'adore ce geste .
Combien me suis -je mise à l'imiter rien que pour lui ressembler mon papa.
La missive était destiné à mon époux.
Cela correspond au jour de son anniversaire.
J'ai laissé ma tête trotter toute la nuit et encore tôt ce matin pour trouver.
C'est un stylo en or qu'il lui avait offert.
Un geste très généreux plutôt onéreux lui qui n'avait plus grand chose à donner.
Mais sommes nous tous à la hauteur de ce qu'on nous donne?
Sommes nous capables de patience, de gratification et de sacrifice?
Sommes nous tous si propres pour ne pas savoir pardonner et avancer?
Véritables dons de soi sous différents aspects.
Si je mets ça en mot, cela me coûte en courage,je l'avoue.
Mais moi, j'ai décidé de bloguer en harmonie avec mon métier.
Une sorte de thérapie.
Un consensus de partage .
Une invitation à réfléchir et certainement à s'excuser avant qu'il ne soit trop tard.
Père que je n'ai pas trop vénéré,
Père que j'ai certainement décommandé,
Père que j'ai souvent déçu,
Père que j'ai tant rabroué,
Père que j'ai reconduit parce que je recevais.
Jamais contente toujours réclamante jamais satisfaite.
Toujours occupée le docteur à la con .
Père si tu m'entends là où tu es, je te demande Pardon.

oh ! ami breton qu'est-ce que je t'ai fait!

JE SUIS TOUJOURS DANS MON VOYAGE
Des pensées amies m'accompagnent,
M'empêchent de trop blues-er,
M'empêchent de dormir certaines nuits,
Surtout lorsqu'elles me questionnent sur Hédi.
Je suis dans la chambre depuis deux bonnes heures.
Je suis sur mon PC.
JE n'ai rien à faire.
Mon travail pour demain est assuré.
Je ne fais que répondre au courrier.
J'ouvre mon boîtier pour retirer mes lunettes.
L'âge commence à avoir ses raisons sur ma vision, mon diabète aussi.
Un papier jauni, plié en quatre tombe.
J'ouvre et je lis:
AU NOM DE DIEU LE MISERICORDIEUX
heureux anniversaire
vieux
le 5-1-92
Ton père Hédi

Je hume ce papier qui surgit de je ne sais où...
Il garde son odeur.
J'ai le tournis.
J'ai envie de vomir.
J'ai....
J'ai...
J'ai...
Comme à mes habitudes,je me ramasse et je crie.
Mes cris sont murés
Mes yeux sont des pluies.
Tous les jours,je sors ce boîtier
Tous les jours,je...
Ce soir seulement, ce papier décide de me rencontrer.
Il arrive sur moi comme une montagne.
Il me déflagre.
Il explose mes peaux vieillies.
Il tétanise mes jambes raidies.
Je me relève à peine de mon deuil.
Cela fait bientôt quatre ans.
Géant,démon, agneau,dément.
Cassette avariée.
Cassette à contre temps...
Je peine à oublier.
IL arrive sur moi lorsque je commence à oublier.
Il arrive sur moi comme pour me rappeler
que dans pas longtemps mon anniversaire .
Il me défait.
Il me ramène à mon enfance quand je criais encore papa .
Il n'est plus là mon papa mais combien je donnerai
Pour qu'il revienne
Pour que je lui dise les mots bleus
Pour que je remplisse les cases manquantes
Pour que je comble les vides
Pour que je rattrape le temps perdu
Pour que je lui dise combien je regrette
combien je l'aime s'il le savait
que que que.....
Mon papa n'est plus là.
Il ne m'entend plus.
Il repose avec ses morts.
Vous qui avez encore votre papa, courez le chercher.
Enterrez les mauvais souvenirs.
Lavez vous du vomi.
Zappez vos rancœurs et ne soyez pas amers.
Rencontrez encore et encore votre papa.
Probablement dans pas longtemps ,il ne sera plus là.
Et il n'y aura même pas de la place pour du regret.
Oh! ami breton qu'est-ce que je t'ai fait!

jeudi 29 octobre 2009

j'ai le cafard dans la langue de Molière

J'ai le blues
J'ai le cafard
Je suis encore à Nouakchott
Tout à l'heure,j'ai eu mon mari au téléphone.Il me manque.Sa voix me manque.Son regard me manque. Les enfants me manquent.Je descends dans la nuit pour acheter une carte pour mon crédit moi qui craint les blattes dans ma tendre phobie-folie,je descends cet étage que j'imagine garni.
ELLES SONT là Elles me guettent. Je ne suis pas folle et je le sais.
Elles ont un langage que je connais
comme une détestable musique que j'ai appris dans mes nuits de veille un peu partout à Rabat, Paris, Tunis et dans tous les couloirs de ma vie.
Libre à vous de croire mais un vétérinaire saura vous dire qu'elles ont leurpropre vocab codé
mais bon revenons à l'essentiel
j'introduis les unités
j'appelle ma fille: la prunelle de mes yeux d'une rare beauté!
Je me frotte à sa voix, la mienne vacille, se casse et la digue l'emporte.
Elle me crie, me secoue et me promets le paradis perdu: des bras blonds bronzés chauds les siens dans pas longtemps soit les vacances mais moi je veux pas y croire car ici j'ai bouffé la Toussaint
Mmmmmmmmmmmmmm et cette culpabilité de maman qui revient qui submerge tout et me ramène à la case du départ:
La digue qui emporte tout
Je suis dans la nuit.
Je m'essuie dans mes mains dans mes robes
Honte à moi mais je m'en-fous
la tempête se calme et le Nil ne déborde plus....

mardi 27 octobre 2009

Je suis toujours à Nouakchott.
Je pense retarder mon départ pour des raisons de travail.
Je pense aussi que la ville crasseuse aussi loin que porte mon regard libère imperceptiblement ses tentacules et me rattrape.
C'est plus un carrefour, une grande cité commerçante plongée dans un grand état de précarité, de manque et de misère .
Une ville incomplètement sortie de sa nuit se réveille à pas lents , défectueux et cahotants.
J'ai un rendez-vous avec l'épouse d'une personnalité importante au gouvernement.
Son chauffeur viendrait me prendre à six heures.
C'est la première fois depuis une semaine presque que je vais être introduite chez de vrais mauritaniens.
Le jour, je ne faisais que les côtoyer superficiellement .
A six heures très généreusement dépassées, mon hôte pointe personnellement conduisant sa propre voiture.La notion de la ponctualité est à discuter chez nous en général non pas par incorrection mais parcequ'à la base nous( Afrique- Arabie confondue) sommes tous un peuple jamais bousculé par le temps.
Pour nous du moins dans les générations, nos ancêtres étaient régis par juste une unique pendule:le jour et la nuit.Le reste n'était que détail.
Le peuple mauritanien continue à évoluer à ce rythme.
Jamais bousculé dans le temps;il prend sa vie sans aucun empressement, déguste les minutes qu'il étire sans stress et sans trop d'effort. Dans son costume traditionnel, elle s'encombrait peu et avec raffinement de ces mètres de soie qui lui allait à ravir et qu'elle rattachait à elle dans un sens élevé de l'élégance.
Je suis secouée devant autant de modestie et d'aisance, d'empressement et de savoir faire.
Mon hôte est une vraie parfaite femme de foyer avec une parfaite maîtrise du personnel qui évoluaient sous ses ordres de manière à la fois constante et discrète.
Je sais que toues mes chances sont dans ces secondes fatidiques, dans ce regard ami et tellement simple mais jamais dupe.
Je m'accorde le franc jeu.
Il me réussit le mieux.
Mon hôte rit aux éclats, son homme est conquis.
Je suis émerveillée devant autant de gentillesse, de sincérité couplée à une infinie simplicité.
A mon tour d'être conquise, j'abandonne mes réticences.
Je goûte sans retenue à un jus fait maison.
Un pur délice concocté savamment dans les feuilles d'hibiscus .Nos gorges se désaltèrent par ces soirées encore chaudes, nos cœurs s'ouvrent et on arrive à l'essentiel.
Nous nous adoptons et avec toute la spontanéité de la terre, elle m'offre ses services, propose ses effets et prend la jeune fille qui m'accompagne comme sa protégée.
Je crois que j'ai réussi ma mission.
C'est cela la Mauritanie :aucune complexité , aucun encombrement juste un écoulement fluide même si les conditions de vie semblent rudes. Un peuple dont une adaptation de mon ami Roger lui sierait au mieux:
un peuple pacifique sans encombre qui reste "sensible à la musique des corps, à la faiblesse des regards qui ramasse le mien" .
Il suffit juste de regarder autrement!

dimanche 25 octobre 2009



Me revoilà écrire de Nouakchott..
Pour mes yeux non encore lavés des derniers vestiges de mon pays à l'occident,je suis au cœur de l'Afrique sans réaliser que nous appartenons au même continent.
Tout me renvoie à la différence, aux grands écarts de civilisation, de culture.
La mienne semble moderne, standardisée, presque bâtarde et sans grande surprise.
Les femmes sont chez moi comme un peu partout frappées au même moule.
Même hobbies, même préoccupations, même modèles de vie ou presque.
Même vie de chienne pour la plupart même vie de galère je dirai presque.
Des femmes qui courent du matin au soir, travaillent, préparent les enfants à l'école, cuisinent, mettent des machines, asticotent, fument, aiment entre deux pauses , font l'amour sans beaucoup de cœur, têtes et jambes prises trop souvent ailleurs....
Je ne suis point amère et ne me veux point paraitre vulgaire mais je vous invite tous à emprunter mes nouveaux yeux et de partir avec moi ici en éclaireur... en Mauritanie
Un monde à part la Mauritanie.
Un désert à perte de vue,
Sable et mouvances.
Grosses chaleurs, vents de sable.
Ville à part sortie du ventre de nulle part qui bat à son propre rythme.
Tout prête au déboussolement.
Presque un cri de dégoût devant ces maisons presque en tôle aux allures sales , ces autres plus belles plus rares qui griffent le ciel couleur sahara de cet immense pays. Les rues sont sales, lézardées de crottes de bêtes et d'humains.
Le désert est couleur des murs, des rues, des voitures,des mouches collantes, des moustiques qui mordent jusqu'à l'os, des bruits, des.... de tout .
C'est presque l'enfer si on se ferme dans notre carcan de gens venus d'un endroit meilleur.
Je me lève comme à mon habitude très tôt le matin, aux premières lueurs de l'aube. Juste à un chant ami dont je suis vainement amoureuse.
Ici aussi, il me tire de ma couche non encore tiédie par mes courtes nuits.
Ici, il n'est plus très seul mais il s'accompagne de bruits des plus inconfortables pour mes tympans de citadine venue d'ailleurs: chèvres têtues qui n'arrêtent pas de hurler, hennissements de leurs voisins juste à côté.
Les ânes circulent librement sans corde la nuit et le jour.J'arrive à croire qu'ils ont leur propre itinéraire et pas de proprio.
Je suis alerte aux moindres bruits, au moindre souffle surtout des blattes qui circulent aussi sans grande gêne.
Mes bêtes noires, tyrannes de mes veilles de petite enfant encore pisseuse dans son lit et aujourd'hui encore de la femme instruite que je suis.
Le médecin que je suis, répètera savamment comme mes confrères à la con :
phobie et maux d'enfance....
Ici, ça n'existe pas.
Le cafard, on ne l'écrase même pas.
Il ne les fait pas hurler pauvre que je suis mais ils vivent ensemble en colocation libres et sans incident.Il y a de la place pour tous.
La misère colore presque tout: le sol; le ciel et les corps: des enfants noirs à la peaux très brûlées , des mouches sur les crottes-narines, haillons en guise d'habits, des cheveux malpeignés, des ventres qui bombent comme dans le marasme mais des yeux qui brillent de vie!
je dirai de bonheur .
ici rien n'est très compliqué.
tout est plat sans vent.
j'ai vu des voitures que retardait en file devant moi la voiture qui me transportait.
des minutes longue comme une vie sous ce soleil tapant, un feu qui vire cinq fois et plus et pas un klaxon. Le chauffeur était descendu au beau milieu de la circulation régler une affaire urgente que seuls messieurs les hommes de notre monde civilisé se permettent de faire.
Ici hommes, femmes et enfants n'objectent avec les besoins de la nature...
OH la honte ,j'entends dire...
DONC PAS UN KLAXON
Pas une contestation
Pas de nerf à fleur de peau
Pas de prise de tête devant ce guichet de ministère qui à onze heures n'ouvre toujours pas ou mollement très mollement.
Oui, tout la Mauritanie bat à un rythme out off grande civilisation, grands airs et grandes commodités. On parle de zéro stress et s'il m'amuse d'étudier les pathologies mentales type dépression, suicide dans ce bled , je noterai certainement un nombre infiniment inférieur à celui que connaît nos sociétés tellement avancées.
Je crois bien que les antidépresseurs, les neuroleptiques et les sédatifs n'ont pas de marché ici et que le mauritanien ignore tout de leur existence et leur nécessité.
Le ministrable, l'esclave et le patron s'agenouillent admirablement par terre sans chichi et mangent sans grande toilette dans leurs mains.
Un rythme impossible à mes yeux convertis depuis des siècles aux langage de l'occident.
Je suis toute remuée.
Je décline cette tasse de thé que m'offre royalement un hôte de passage.
Notre homme est grand fort , parle comme à la manière de son peuple soit simplement et très doucement.Il est plutôt clair couleur café miel .
Nous avons pris l'avion ensemble du Maroc à l'escale.J'appris plus tard qu'il appartenait à la tribu des maures don la noblesse.
Notre boing a attéri tard et je l'ai déjà dit. Personne à m'attendre.
Ni chauffeur de l'hôtel ni personne.
Je panique .
Une crampe commence à se mettre en route devant le tableau sordide qui s'offre à moi dès la descente de l'avion.
Deux femmes au cœur de l'Afrique parce qu'en plus nous les tunisiens très ouverts au monde extérieur : l'occident , nous nous écartelons dans nos convictions du reste de l'Afrique.
NOUS nous croyons supérieurs, plus modernes, instruits ect....
Donc, je me voyais mal partie lorsqu'une voix déjà entendue m'interpelle. C'est l'homme de tout à l'heure dans la navette de l'hôtel.
Il propose gentillement de nous prendre à notre hôtel.
Deux personnes en costumes lui emboîtaient dans un léger décalage le pas.Il les pria dans sa langue de nous débarasser de nos valises jusqu'à sa voiture .Un cortège de voiture.C'était le premier ministre du pays.Je refuse encore poliment et décide d'attendre une connaissance mais je n'avais pas de puce locale .Il se charge d'appeler et se propose de rester à attendre avec nous seuls dans l'aéroport vidé de ses passagers, des transporteurs aussi insistants qu'une nuée de mouches collantes.Nous sommes dehors car il fait très chaud.Je prends place sur un semblant de banc crasseux.Il s'assoit à côté pour nous accompagner jusqu'à l'arrivée de notre parent.
Je sais que j'ai encore une tête qui plaît, la jeune fille avec moi encore plus mais notre homme était là non pas comme prédateur ou courtisan mais parcequ'il reste dans ce peuple une avenance, un sens aigu de l'hospitalité jamais vu ailleurs. Une simplicité hors temps.
La femme est reine dans son pays. Elle jouit de son statut social.Ses paroles sont vénérées, ses gestes aussi. L'homme se plie aux volontés de sa femme.Elle est choyée, gâtée et flane à longueur de journées dans son royaume sans obligation de tâches ou de corvée. Son mâle se charge de tout..Et si par malchance le couple tourne mal, elle ne fait que s'énorguiller d'un tel échec. Ses amoureux n'en seraient que plus nombreux à sa cour.
Pour toutes ces raisons, notre ministre assure son protocole avec un tact , un raffinement et une gentillesse spontanée propre à ce peuple bédouin.
Rare comportement chez nos civilisés.
Mais à chacun ses convenances.
Je pense que je vais m'arrêter pour préparer ma leçon pour demain.
Demain ou plus tard , je vous livrerai encore Nouakchott et ses secrets!

vendredi 23 octobre 2009

La Mauritanie ... Nouakchott



Il est quatre heures du matin lorsque mon avion atterit sur la Mauritanie.
Le sol n'est plus le sol, la terre s'arrête de tourner à la manière dont je vis.
L'occident dont ma Tunisie s'est imbibée des années durant s'estompe, n'a plus de trace.
Le monde n'est plus le monde.les visages les visages .
Des yeux bruns ou noirs magnifiquement enturbanés de la tête au pied font irruption. Une langue que je ne comprends presque pas ...
Des voix qui s'interpellent fortement d'une manière calme et monocorde.
Une impression de foule pour ce minuscule aéroport
Une impression de brouhaha,de cohue
Nuage poussiéreux et piquant, celui de la sueur et du sable à perte de vue.
Aucune queue , aucune hiérarchie juste un boucan régi contradictoirement dans la passivité et sans aucun stress.
Nouakchott, une ville à une seule artère qui pillule de gens bruns ou noirs, de femmes voilées de la tête aux pieds et quelles femmes!
Souvent, nous nous confortons dans des positions, des préjugés que nous prenons pour des certitudes , des généralités .Il suffit de s'éloigner, de s'exiler pour comprendre combien nos forteresses sont éphémères et nos certitudes fragiles, facilement effritables , très secouables.
Derrière ces mètres de tissus se drapent des hommes et des femmes pour se cacher du soleil qui ne sait que taper fort.
Les hommes optent surtout pour le bleu ou un blanc saharien, les femmes des couleurs chatoyantes mais même dans ses costumes nouveaux à mes yeux de touriste , j'apprends à distinguer et mes yeux commencent lentement à repérer les nuances qui déclinent les conditions.
Des étiquettes infailliblement transcrites dans l'ordre, hiérarchie et le sang.
Les maures soit les clairs de peau sont les maîtres des lieux, des seigneurs avec des tribus et de conditions très aisées, les autres sont noirs et voués à une seconde catégorie, celle des serviteurs.
Mes sens commencent à pratiquer les censures, à éviter les bavures et surtout à apprécier.
Je commence par les femmes et quelles femmes!
De leurs boubous commencent la distinction:
le choix des tissus,
les couleurs
et puis les formes.
Plus une femme est ronde, plus elle est convoîtable, belle et sexy.
Plus une femme est révocable, plus son statut de femme désirée est élevé.
Elles le savent et usent confortablement de ces aisances.
L'occident a toujours tendance à victimiser les femmes d'Afrique ou d'orient pour leurs tenues qui ne ressemblent guère à la leur et dans leur statut différent de ceux de leurs femmes.
Leurs femmes sont ouvertes sur tous les plans sans aucune retenue,
libres dans leurs têtes et dans leurs corps .
Les nôtres en général sont plus cachées voire pudiques ,je dirai même introverties mais qui savent merveilleusement jouer pour ramener les décisons capitales dans le couple ou la famille à la leur soit un gouverné qui gouverne et un commandant sans commande!
Je ne parlerai pas du cas d'une poignée minoritaire ni de mon cas d'ailleurs franchement ambigu et hors norme d'où mon pseudo mais de façon générale si je veux comparer orient-occident.
Pour juger de l'orient, il faut s'habiller de ses yeux pour pouvoir pénétrer, voir et comprendre.
Aussi une femme ici que son mari divorce pour un oui ou un non n'est point jeté comme un torchis et ne vit jamais cela comme un desespoir mais est accueilli dans sa famille avec les yous yous et les festivités si je n'exagère rien. qu'on réserve à celle qu'on marie.
On range plus difficilement chez moi en Tunisie, petit format du modèle français une femme divorcée qu'une femme célibataire .
Ici, c'est tout à fait le contraire et le nombre des prétendants va en augmentant avec le nombre de répudiation.
Un véritable statut social et non une dépravation ou un leurre.
C'est pour cela que je me répète que nos certitudes ne sont qu'éphémères , nos résolutions vaseuses et il suffit de s'éloigner pour comprendre!
Mes paupières commencent à s'alourdir, mon esprit moins en veille alors je vous quitte pour reprendre plus tard si j'ai un break..

dimanche 18 octobre 2009

IL me reste exactement un jour pour tout boucler et être prête pour le voyage.
Je suis très excitée et quelque peu nostalgique.
Je dois m'absenter comme je ne l'ai jamais fait ...
RESTER aussi longtemps loin de la maison, des enfants, de mon mari lui aussi un grand enfant!
J'en ai les boules surtout que je ne connais rien sur ce pays d'accueil
Presque à l'aventure oui presque..
Moi qui n'aime pas les surprises
moi qui n'aime jamais fouler un sol non contourné
moi qui aime tout maitriser jusqu'à l'infime détail
moi... moi.... moi......
mais combien sommes nous petits devant notre peur de l'inconnu
Peur de l'étranger
Peur du non connu
Peur du regard de l'autre
Peur du non dit
Peur du du du du


Sur ces mots, je vous souhaite à tous ceux qui me lisent beaucoup de quiétude
et de joie
attendez-moi, je vais faire vite et revenir inchallah...

samedi 17 octobre 2009

Mon renvoi des Hauts de Hurle-Vent....


Si de mes enjambées nocturnes, mes repas sautés, je garde encore quelques flashs.
Un scotome total gomme tout souvenir de notre retour au bercail familial et de nos retrouvailles.
Je sais uniquement que mon frère ainsi que ma cousine avaient fugué du bus scolaire pour retrouver notre maison.
Ils me répétèrent des années après, avoir marché longtemps selon un itinéraire tracé par mon aîné, le cerveau de la famille. Ma famille, celle de ma mère.
Bien que de cinq ans plus jeune, mon frère complota dans l’air de quelques secondes son évasion du pensionnat « les Hauts de Hurle Vents » comme je me plais à l’appeler aujourd’hui et hier encore.
Très jeune et lorsque j’ai commencé à être amoureuse du livre, j’ai avalé en tremblant celui d’Emilie Brontï.
Je ne sais ce que dans ce livre prête à confusion.
Je sais juste que des doigts de feu se portent à ma gorge chaque fois que je regarde le le film sur l'écran...
Confusion malheureusement tragique dans ma tête d’hier et peut-être encore celle d’aujourd’hui.
A la sonnerie des premières heures de cours, juste après la récréation, il se terra escorté de son aîné qu’il menait à la baguette pendant quelques minutes, le temps que tout le monde rentra en classe et que la cour se vida.
Puis d’un geste décidé, il ouvra la grande porte et ordonna à ma cousine de sortir et la suivit.
Cinq et neuf ans,
seuls dans l’immense plaine de Sidi Bou Said.
Ils se tinrent la main avec toute la force de leurs âges, la solidarité des prisonniers libérés par un coup de confusion générale et la bravoure des mutilés de guerre qui ne connaissent que très bien la douleur de la séparation et de l'exil.
Le pensionnat français était desservi par une ligne de train qui se mourrait dans les flancs de la colline pour longer imperturbable la côte de la mer sur une vingtaine de kilomètres jusqu’à l’entrée de la capitale.
Mon aîné souffla ma cousine de se laisser guider par les rails du train qui les mèneront à proximité de la maison.
Il omit de lui rappeler que la route était longue, caillouteuse et parsemée de dangers. Il l’obligea uniquement à se tenir sur le bas côté des rails pour éviter l’électrocution car les trains à cette époque étaient encore desservis par l’électricité au sol.
Affamés, sales et épuisés, ils firent leur entrée dans notre quartier.
Victorieux et fier de sa puissance, mon frère s’en alla prendre sa revanche sur un voisin de son âge d’une partie de billes qu’il avait été obligé de laisser en suspension lors de son " kidnapping " pour l’orphelinat.
Il avait réussi son exploit et plus rien ne lui était plus urgent que de rétablir l’ordre de la hiérarchie et retrouver son titre de chef de bande au milieu de ses petits copains.
De loin, il les dépassait tous.
Ma famille maternelle l’accueillit à bras ouverts et le bousculèrent de réprimandes noyées dans un amour infini de câlins et de tendresse comme on le décrit si bien dans ma langue: « dharb el hajjala fi bnaietha » soit l’équivalent de l’insuffisance de la correction de la veuve pour sa fille unique.
En effet, c’était le meilleur,
le plus fort,
le nombril d’un monde de femmes toutes à ses pieds, presque un dieu dans sa famille !
Tout cela, c’était mon frère et je l’aimais à la folie.
Une folie furieuse et souvent pleine de jalousie et de rancune car mon idole ne connaissait que trop bien ses illimites et il savait très bien en profiter sur son entourage et surtout sur ma faible personne. Il n'hésitait point à me tyranniser, à pousser chaque jour un peu plus son génie pour mettre au point une nouvelle technique, un nouveau jeu où toujours j'en sortais vaincue, harassée par ses manières violentes et cruelles. Je pris dés lors en horreur les jeux de mains où vilainement les parties tournaient toujours à son profit et où toujours il en sortait vainqueur sauf une fois et là commence une autre histoire..


A lire comme un PS:
A la suite de cette fugue, toutes les religieuses avaient dû être scandalisées ou alarmées par ce même amour de frère mais une chose est sûre: le même paquet de chair humaine du premier soir: c’est-à-dire " MOI " fût vite emballé et déposé chez ses parents -ma mère .
On me mît dehors pour une faute que je n’avais pas commise mais juste pour un délit unique : celui d’être la sœur du fugueur.

jeudi 15 octobre 2009

Parce que je vous ai assez lassés par des textes pas souvent gais
Parce que j'aime rire, je vous dédie ce poème.




Le rire d’un enfant

Un soleil dans chaque fossette
Je me penche
J’y découvre
Un abri pour la nuit
Du grand froid
Du désarroi
Un hymne à la vie
Un hymne à l’espoir
Aux chemins qui se dessinent
Aux bâtisses qu’on élève
Aux mains qui se tendent
Aux blessures qui se pansent
Aux berges qu’on rapproche
Aux armes qu’on détruit
Aux préjugés qui tombent
Aux différences qui s’estompent
Aux rancœurs qu’on enterre
Aux oiseaux qui reviennent
Aux femelles qui sont pleines
Aux semences qui poussent
Aux vides qui se remplissent
Aux cœurs qui se réchauffent
Aux amitiés qui se nouent
Aux amours qui se tissent
A la vie qu’on bénit
Dans le rire d’un enfant.

mardi 13 octobre 2009

Pour ceux qui auraient la patience de me lire jusqu'au bout..
Pour ce qui omettraient de porter un jugement hâtif..
Pour ceux qui savent pardonner..
Pour Epamin' amie de plume..
Pour Roger, le grand humaniste qui je suis certaine, sera comme d'habitude.. au RDV
Pour Miren dont le titre de son blog:"les mots de hurle-vent "s'apparente à celui de mes histoires..
Pour "Une colombe dans la nuit"dont j'ignore tout sauf que nous avons habité sous la même enseigne ..
Pour toutes les personnes sensibles que je ne cesserai de rencontrer sur le chemin des..




Je commençais juste à maîtriser le langage de mon espèce et la marche sûre.
J'avais à peine trois ans et pas plus haute que les petites filles de mon âge lorsque je fis mon entrée dans cette école que j'aime nommer "LES HAUTS DE HURLE -VENT".

C’était un soir d’hiver ou d’automne où les jours se faisaient plus courts que d’habitude.Par démission. Probablement pour éviter d’être témoins des malheurs des nuits à venir.
Une lucarne reflétait complice, une faible lumière déformant les visages et sur dimensionnant les ombres.
Je n’avais ouïe que de mes cris qui déchiraient le ciel, du frou -frou de la robe plissée de ma mère qui me sacrifiait au pas de cette enceinte dans une hâte acrobatique. Je n’arrive pas à reproduire les images estompées de ma mémoire ni à combler le souvenir creusé par l’oubli pour me rappeler son visage car elle devait le cacher dans sa fuite vers l’extérieur mais cette fois sans moi ou plutôt sans nous trois: mon frère Maxo, ma cousine Jacqueline et moi.

J’aime particulièrement ma cousine Jacqueline et quand je la regarde aujourd’hui encore, je lui trouve une beauté intacte malgré l’embonpoint de la cinquantaine, son généreux décolleté et les années passées….
Sûrement parce qu’il y a des souvenirs qu’on ne peut effacer, des maux dont on ne peut guérir mais surtout, surtout parce qu’en archivant nos peurs et nos histoires, notre mémoire ne peut s’empêcher de graver des infinis détails de passion ou de complicité qui rendent les malheurs partagés moins lourds, les hostilités moins graves .
Mes hurlements remplirent longtemps le ciel et m’enfoncèrent dans un état de neurasthésie complète où toute révolte devenait inutile, tout sentiment douloureux et macabre parce que tout était confusion, un chaos inexplicable, un océan noir écumeux de panique, de peur et d’in explication.
Ma mère me largua dans les bras de femmes habillées en blanc de la tête au pied.
Aucun de leur visage ne se détache particulièrement dans ma mémoire actuelle d’adulte, le souvenir de leur visage m’est flou et impossible à définir mais une seule image s’offre encore à moi, indélébile et glaciale. Une espèce de fantôme aux traits imprécis me tirant fermement mais sans méchanceté mémorable vers une grande cour s’ouvrant sur une autre plus petite remplie d’arbres aux innombrables ombres sinueuses et imparfaites nourrissant richement mes nuits de terreur. Elle me poussait encore devant elle lorsque nous fîmes irruption dans une immense salle où un million de yeux jaillirent du néant, me scrutèrent furtivement pendant un court instant pour retourner à leur ancienne occupation sous l’ordre intransigeant et froid de la sœur supérieure.
Mes cris se figèrent, mon corps se raidît comme foudroyé par des ondes spastiques et je cessai terrorisée de donner des coups de pieds et de gesticuler. Comme un pantin désarticulé, la tête bourdonnante, je me dirigeai sous une pluie de larmes traîtresses et des sanglots hoqueteux vers la place désignée par le fantôme sorti de nulle part et dont j’ignorai jusqu’à cet instant l’existence et la signification.
Aujourd’hui encore, je garde cette nature maladive de rentrer dans des crises de larmes terribles quand l’émotion est forte et que je m’impose une face de glace. Ma glace reste malgré moi toujours fragile et ma banquise s’effrite contre ma volonté dans un déluge généreux.
Avec le recul que nous donne notre avancée dans la vie, je comprends mieux comment certaines personnalités sombrent dans la névrose et comment nous devenons plus anxieux que d’autres et que de certains délires, il nous est parfois extrêmement difficile de sortir!

La nuit avançait et gagnait du terrain sur ce crépuscule pâle et pleureur.
J’ai encore le souvenir vague d’avoir pris place dans un bruit confus de chuchotements, d’un tintamarre de cuillères et de couverts car il s’agissait bien là d’un réfectoire. Ce n’était pas un couvent car l’endroit emplissait d’enfants des deux sexes et de tout âge mais un pensionnat français tenu par des missionnaires françaises dans un pays fraîchement décolonisé.
Je ne sais toujours pas si ces religieuses avaient pour mission d’inclure dans leurs pensionnat des enfants non orphelins car il s’agissait bel et bien d’un orphelinat.
Je saisis plus tard l’infaillible stratagème dont usait ma famille surtout ma mère pour nous faire admettre dans pareilles institutions réservées plutôt aux nécessiteux et démunis du sort mais français du moins étrangers au pays.
Au risque de me répéter, j’ignorai jusque là l’existence et la signification d’un tel endroit mais je compris rapidement que l’enceinte se refermait étroitement sur ces créatures débordantes de vie, décidant de leurs gestes, de leur parole dans un ordre et un rituel indiscutable.

Le destin a ma foi des volets étonnants, complexes et inexplicables.
Trente années plus tard, j’y faisais sans le savoir mon entrée en tant que médecin scolaire et trente cinq ans après en tant que parent d’élève!
Le mektoub se chargeait de reconstituer le puzzle, de raviver les souvenirs à mon insu et toujours en dehors de ma volonté.
Timide, tremblante et d’un pas non assuré, j’ai arpenté la cour, la grande ouvrant sur la petite, les couloirs et les étages.
Une impression de déjà vu.
Un cyclone intérieur.
Un tsunami.
Des images qui se succèdent.
Une affluence de pas.
Le pas qui fait peur,
qui guette et qui souffle bruyamment...
Une haleine fétide, un bruit honteux : celui du viol et du crime.
Viol même s’il n’y a pas eu pénétration.
Crime même s’il n’y a pas eu de cadavre.
Oui, avec tout le recul du monde, il y aurait toujours viol sur une personne
lorsqu'on on bâillonne sa voix,
lorsqu'on la réduit au silence,
lorsqu’on abuse de sa confiance.
Viol et crime par anticipation dans le verbe peut -être mais jamais dans les conséquences.Je ne sais plus ..allez demander aux juges...

Ma tête amplifia brutalement de nombreux souvenirs.
Mon âme quitta douloureusement ce corps de femme instruite et puissante dans son statut social pour replonger dans le corps frêle et terrorisé d’une enfant de trois ans abandonnée par sa mère au pas de la porte comme l’on se débarrasse d’un colis encombrant.
Elle avait sûrement ses raisons et je ne m’autorise aucunement le droit de la juger seulement à cette époque, mon corps de fillette menue et fragile se refusait à une séparation à laquelle il n’y était pas préparé, nullement informé.
Et ce fût là le grand problème de ma vie: Le manque d’information.

Il est plus qu’effroyable, hallucinant et terriblement douloureux de se débarrasser d’une personne, de se couper d’elle sans préavis surtout si elle reste désirable, capable d’amour et de sincérité.
Inimaginable est alors la souffrance née de la séparation imposée et totalement imprévue.
Inquantifiable est la douleur engendrée par un deuil forcé et jamais accepté.

Ma mère se doutait-elle un seul instant de la terrible sentence ? S’est-elle sentie une fraction de seconde arrachée de moi et moi d’elle en me déposant brutalement sans m'avertir à la porte de cet orphelinat ou au contraire libérée d’un fardeau trop lourd pour ses dix huit ans ?

Par trois fois, j’ai été amenée à me séparer de mon chien, un être à qui j’ai prodigué soins et caresses, amour et tendresse. Des sentiments véritables et des moments ineffaçables. Pourtant à chaque séparation, je me suis sentie honteusement coupable, coupable d’abandon et des pires complots, coupable de silence et de faute. Sentiment écrasant rappelant celui qui ronge une mère dans les suites d’un avortement ou un abandon sous « X ». Chaque séparation égalait trahison et désertion. Mon chien me suivait à sa perte, docile et confiant ne se doutant jamais que l’homme était capable des pires assentiments dans une déloyauté des plus terrifiantes. J’ai longtemps pleuré ce chien dans des accès paroxystiques frôlant la démence.

Ma mère avait certainement accompagné notre séparation de larmes seulement ces mêmes larmes n’empêchèrent en aucun moment l’horrible démission.
Elle nous confiait aux bonnes sœurs pour soigner notre éducation et pouvoir s’occuper d’un bébé dans les langes et d'une grossesse en cours d’évolution. Dans

En un premier temps, ma douleur fût-elle qu’elle me fit oublier mon frère et ma cousine.
Petit à petit, comme après une anesthésie, je commençais à prendre conscience de ce qui m’entourait et quoique je n’arrivais pas à comprendre vraiment, le présent venait à moi fouettant, poignant et chargé se substituant à un passé fluide où les visages aimés devenaient flous, absents mais douloureusement guettés.

Je compris vite qu’il me fallait me ressaisir et contenir ma douleur, mes pleurs et mon chagrin pour ne pas trop retenir l’attention sur moi.
Je m’infligeai déjà pour mon jeune âge la loi du silence et de l’obéissance feinte car je réalisai instantanément que toute résistance ne serait que source de punition et de nouvelles douleurs.
Je vis alors pour la première fois l’immense réfectoire, les chariots métalliques où étaient rangés des montagnes de plateaux compartimentés en petits lots de nourriture qu’une sœur religieuse distribuait dans un ordre et une cadence monotone. Une forte odeur de riz se dégageait et me fit prendre pendant longtemps cet aliment en aversion. Mon aîné la garde toujours, on en a récemment parlé !
Je n’ai rien pu avaler ou très peu ce soir là ainsi que les autres jours à venir. Les bouchées s’arrêtaient à chaque anneau oesophagien, m’étranglaient mais sans bruit. Un tétanos ombilical relationnel avait souillé à jamais ma vie. Je signai depuis cette nuit, je pense, ma dégringolade dans des virages serrés de la vie.
Je gardai par ailleurs des années durant, une nature chétive et anorexique mais je continuai à puiser bizarrement dans mon jeûne une force et beaucoup d’alliés. Mes abstinences se couplaient vaillamment et généreusement avec des dons et départages entre mes compagnes de table. Je me rappelle vaguement de ma compagne de table : juste un visage aux traits imprécis, joufflu et centré par des yeux bleus et malicieux pétillant de bonheur à chaque bouchée ou bol de nourriture que je lui refilais en cachette sous la table dans un calme et une maîtrise de soi absolue. Dans une supercherie tacite, nous nous arrangeâmes pour ne jamais réveiller les soupçons.
Combien de temps ai-je pu résister à ma sous-alimentation ?
Le film de ma vie d’orphelinat se coupe et se recoupe dans de nombreux endroits comme dans une cassette avariée par le temps.
Je me revois le matin, seule dans l’immense cour pour mes trois ans, ne jouant pas comme il était d’usage pour ceux de mon âge, me tenant à l’écart dans l’ombre des autres, ma tête et mon cœur roulant un million de pensées......
Une odeur de chocolat chaud et bouillant dans de grands bols, des après-midi galères où la sœur religieuse nous prenait dans les classes et nous imposait une petite sieste sur place, la tête reposant sur nos petits bras croisés affluent encore de mes profondeurs..

Nos petites têtes se refusaient plus ou moins fort au sommeil.
Chien docile et des moins dérangeantes, je me prêtais au jeu et dans le creux de mes bras, je donnais libre cours à mes pensées échafaudant un million de plans, à chaque fois différent mais me prenant tous très loin de ces lieux fermés vers une maison, un papa et une maman qui commençaient à terriblement me manquer.
Je me tenais immobile, les pieds raidis par la position et le froid de ces hauts lieux où la moindre brise se faisait vivement sentir. L’orphelinat se trouvait surélevé sur une colline faisant le dos à la mer rappelant étrangement les hauts de hurle vent, embrassant une immense plaine et coupé du reste du reste du monde. La peur baillone.
La peur rend petit et magnifie l'Autre, le surdimensionne et nous entoure de solitude.

Je me débattais énergiquement et en silence de toutes les forces de mes trois ans contre le sommeil. Je me refusais à son ensorcellement, je ne voulais pas qu’il gagne sur moi et qu’il ne gomme les moindres souvenirs des derniers instants.
Refuser tout sommeil libérateur et la nourriture était ma forme de lutte contre l’oubli traître et toute jouissance loin des miens.
Mesquine révolte contre un sort non mérité, un choix et une décision en dehors de tout préavis.
Je ne voulais pas qu’ils m’aient à l’usure et je pensais que résister de la sorte serait triompher mais en réalité, je crois qu’ils m’avaient totalement eue et détruite dés mes premiers pas, dés mon premier souffle fœtal.
Le spectacle qui s’offre toujours à moi est celui des nuits tombées sur nous, sur moi. Mon esprit multipliait par « n » fois l’immensité de l’espace, des salles de classe, de la cour et surtout des dortoirs.
Il y avait un pavillon pour les filles et un pour les garçons. Automatiquement, la séparation de la fratrie de sexe opposé s’imposait. Et dans ma douleur, je ne pouvais concevoir ni imaginer un seul instant d’être confrontée à une nouvelle séparation : celle de mon frère. Seule attache concrète et véritable me reliant encore directement à ma famille.
Je ne pouvais pas les laisser faire ça, je crois que j’en serai morte.
Alors, je déambulais dans des heures avancées de la nuit tout le long des couloirs serpentant, froids et faiblement éclairés à la recherche de mon frère.
Il était dans le pavillon des garçons, dans l’aile opposée à celle des filles.
Je n’avais peur de rien et rien ne pouvait m’arrêter dans un déterminisme singulier où ni les fantômes, ni les sœurs religieuses ni le marbre froid aux résonances sinistres ne figuraient dans mon agenda de la peur.
Je me conforte à croire encore que les personnes frustrées n'ont vraiment pas le choix, le luxe du laisser-aller.
Lorsque j'étais encore interne dans le service de pédiatrie, j'ai travaillé à la pouponnière. Beaucoup de bébés abandonnés mourraient dans la nuit par mort subite.
C'étaient surtout des garçons. On m'a fait comprendre que seuls survivaient à l'abandon, les plus coriaces ceux qui ont décidé de s'accrocher parce qu'ils n'avaient pas le luxe de faire autrement.
Je ne veux pas m'égarer de la première histoire alors je reviens...

Je me retrouvais pieds nus, habile aux yeux d’aveugle à chercher à tâtons le dortoir puis le lit de mon aîné auquel seul son souffle doux me conduisait. C’étaient des lits métalliques et superposables.
Je les ai pris tout de suite en horreur car leur contact était glacial et ils n’avaient fait que me rencontrer et s’offrir à moi dans une succession de temps déconcertante, tout le long des périodes transitionnelles de ma vie.
Sans bruit, je le retrouvai parmi une centaine de garçons sans hésitation aucune, guidée par un appel charnel.
Juste un puissant appel de sang .
Je me glissai alors sous ses couvertures me collant intimement à lui pour ne pas le quitter ni le perdre lorsque le sommeil aurait opéré sur moi ses effets irrésistibles.
Enlaçant mon frère d’une main, suçant fortement un bout de ma chemise de nuit de l’autre, je devais m’imposer un sommeil fragile et remonter dans ma tête une pendule imaginaire, secrète mais fidèle car dans une cavale folle, très tôt aux premières lueurs de l’aube, je reprenais le chemin inverse vers le dortoir des filles.
Le comble, c’est que le voyage dans les ténèbres glacées me faisait perdre mes moyens et longtemps, j’ai pissé dans mon lit d’occasion au grand désarroi de mon aîné.
Pendant longtemps, je gardais cette nature pisseuse dans mon lit, souvent même d’une manière têtue et volontaire.
Je ne me défis de mon énurésie nocturne que plus tard, une fois ma puberté atteinte.
J’abdiquais presque en même temps de la succion d’un pan de mes robes pour épouser d’autres manies, probablement pour faire chier le monde, mon monde mais cette fois d’une autre manière.
Tics involontaires ou pathologies de l’enfance ?
Enfance gangrenée et gangreneuse où le rescapé trouve dans certains comportements paranormaux ou franchement pathologiques une remise où il reporte et diffère ses véritables maux.
Déviation juste et salvatrice ou premières pierres de l’errance dans les couloirs perturbés de la personnalité névrotique ou psychotique ?

Je revois encore la tête de la religieuse qui me surprenait des fois vaincue par le sommeil dans le lit de mon frère très tôt par certains matins froids et humides.
J’arrive difficilement à arrêter une expression exacte sur son visage attendri ou ahuri, adouci ou méchant.
J’imagine encore ses bras au ciel et son courroux à la découverte du sommier mouillé.
Je me revois grelottante d'effroi, accrochée aux lèvres de mon frère qui ne vendait point la mèche et ne me dénonçait pas.
Il avait à peine cinq ans.
Je l'imagine d’ici faisant le dur et empêchant les autres garçons de pouffer de rire, de m’humilier et surtout, je renifle encore sa main caressante qui essuyait mes larmes et me réconfortait.
Je crois que depuis mon sommeil n’a pu être que fragile, mon sommeil humide et mouvementé.
Je garde encore cette frugalité dans le sommeil et très peu d’heures me suffisent pour dormir.
Je peine encore à ne pas déserter de mon lit la nuit.
Errer dans ses silences et muer dans ses replis dans des randonnées vagabondes, vestiges de mon passé.
Errances solitaires omniprésentes à perte d'haleine.
Navettes nocturnes à perte de vie.



A toutes les colombes dans la nuit, je dédie ces pages de "Lihoudya" pour rejoindre mon amie Epamin qui assure que notre passé si dur soit-il a permis de nous rendre plus forts, plus puissants et mois vulnérables.
J'ajoute encore pour mot de la fin que si je vous parle de tout cela ce n'est point pour vous attendrir ni tisser une romance mais pour me joindre à ceux que j'ai précités et bien d'autres que j'ai involontairement oubliés.

lundi 12 octobre 2009

Je ne sais par quoi commencer...
De quel sujet traiter.
J'ai envie de décompresser parce que mon voyage en Mauritanie a été retardé d'un semaine encore.
Je stresse dans mes journées à l'idée de partir pour quelques temps vers l'inconnu, ne trouve point dans mes nuits le sommeil comme à chaque fois où il m'est donné de tenir les rênes de ma vie ou de celle des autres càd tout le temps.
Il y a des gens qui ont souvent le choix de décider, d'assumer, de faire ou ne pas faire, d'autres plus ou moins.
Certains sont acteurs de leur vie, d'autres de simples figurants alors ils traversent ce monde sans faire ombre, sans beaucoup de poids. Tout est réglé selon un ordre immuable sans aucune tâche qui pimente leur destinée.
Enfance facile, vie aisée argent, biens, amis, travail rentable, bijoux ...
Aucun ombrage, aucun voile juste une vie plate sans ride, figée et presque fade.
Je n'ai jamais eu droit à ce luxe et si des fois le vent tombe , il fait place à un calme si lourd que je m'ennuie rapidement de sorte que si les vagues ne me portent plus, c'est moi qui vais vers elles fauchant les embuches sollicitant les soucis.
C'est comme cela et jamais autrement.
Étranges natures qui se plaisent à porter leur vies et celles des autres comme un léger poids en plume parceque de toute leur existence, ils n'ont fait que sillonner dans les couloirs difficiles, des virages impossibles.
Sensations fortes imposées à des enfants.
Traversée de l'enfer pour des petits dont la taille ne dépasse pas leur ombre.
puis certains se plaisent à dire que ces gosses aiment le risque , n'ont peur de rien, presque des brutes.
Oui des brutes qui mordent pour ne pas tomber.Pour survivre.
Combien il est mauvais de vivre ainsi car ces brutes de travail , ces fanatiques de ressassement resteront à jamais des enfants vieillis jamais sortis de leur nuit.
Leur corps a beau se parcheminer de rides profondes, ils continueront à graviter immanquablement autour des cases manquantes dans les chainons de leur vie!
Pourquoi ces propos?
Pourquoi ce remue -ménage?
peut-être est-ce les écrits de " une colombe dans la nuit"
ou
de Marie Deschaux dans "certitudes suicidaires et bobards salutaires"
ou encore ce matin, ceux de Roger dans "le chemin des grands jardins"
qui me plongent dans une réflexion mélancolique.
Oui, c'est peut-être cela et si c'est vraiment cela, je m'en réjouis agréablement. Comme à mon habitude, je ne sais me mettre que dans le rang des moins fournis,des plus secoués.
Nous avons certainement joué dans la même cour d'école mais juste à des adresses différentes et à des temps différents!

samedi 10 octobre 2009

Femmes







Une phrase dans son dernier commentaire de mon ami Roger,
"fille d'un borgne et d'une blonde platine"
Un accrochage ce matin avec une femme siliconée
m'ont décidé de mettre ce texte en ligne...


Femmes

Femmes fatales, belles comme des poupées de cire que seuls animent les dîners
grandioses et les comptes fournis.

Femmes libres sans attache,sans scrupule,allumeuses et aux allures pompeuses.

Femmes serpent aux langues de vipère, vieilles commères qui ne s’encombrent d’aucun
détail.

Femmes contagieuses comme une maladie orpheline, stéréotypées qui mordent à la place
de sourire.

Femmes perfides,versatiles comme sur un fil de rasoir tantôt agnelle tantôt pieuvre

Femmes hystériques, machiavéliques ,manipulatrices , tempérant sans gêne telle une
couleuvre .

Femmes stériles, arides n’offrant que désert et sables mouvants.

Femmes faciles , stupides mordant à chaque serment.

Femmes cupides, démoniaques à mille visages se jouant du destin de certains.

Femmes sirènes , radieuses, des éclaboussures du soleil enduites de miel et de fins
parfums.

Femmes banales , errantes dans leur maisonnée , doigts de fée filant un bas,
mijotant un repas.

Femmes battantes , frêles ou opulentes à la volonté de fer ne s’étiolant d’aucun feu.

Femmes libres , brillantes ,intellectuelles , aux humbles discours , cœur et tête
toujours illuminés .

Femmes enfant que rien ne tente , rien ne déroute hormis un sens élevé du devoir et
de l’humilité.

Femmes sucrées, âmes aux confins de la bonté , des portes dérobées pour accoucher de
nos peurs .

Femmes candides au rire cristallin .

Femmes généreuses , aimantes intarissables et à mille ressources.

Femmes qui dans l’amour et rien que dans l’amour se découvre une beauté!

jeudi 8 octobre 2009

C'est la faute du soleil si je suis encore suspendue à mon passé....






C'est la faute du soleil si je suis toujours suspendue à mon passé...

C'est la faute d'un soleil qui se lève toujours chaud comme pour brûler au mieux cette envie d'oublier et de ne plus rester seule avec mes souvenirs

SOUVENIRS SOUVENIRS répète éternellement en moi, in utéro une radio

Souvenirs du temps d'une rue du Mkass grouillante de gens de multinationalités la plupart analphabètes mais ouverts dans leur majorité ...

Je revois encore dans une mémoire fripée dans un angle de cette même rue ou juste derrière, la petite synagogue où je brûlais jadis un cierge effervescent d'espérances et de prières muettes puis courrais toujours dans cette même rue vers le fameux marchand de GILAT( une sorte de glaces traditionnelles) les meilleures que j'eusse jamais goûtées préparées avec science dans un tonneau rempli de fraises et de citrons et qu'il tournait majestueusement en chantant à la manière d'un tour de potier ....

SOUVENIRS SOUVENIRS répètent encore mon disco
souvenirs des jours heureux où espiègle je croyais encore au père Noël que je fêtais avec mes amies du quartier bint Etalyana (fille de l'italienne)ou encore celle de la maltaise et qui me laissaient accrocher sans gêne en haut de leur sapin une guirlande ou un cadeau

SOUVENIRS SOUVENIRS renchaîne mon cerveau qui zappe mon présent et revient sur cette terrasse où nous guettions en dizaine les étoiles et où nous hurlions à qui mieux mieux nos coings embaumant la girofle d'une main et de l'autre nous pointions le ciel et comptions les étoiles signant la fin du jeûne de Youm Kippour..
Puis la ruée hilare dans les escaliers pour retrouver des tables surdimensionnées en longueur dans nos folles petites têtes mais abondes en victuailles
Des tables seigneuriales pour des familles aussi modestes que les nôtres...

SOUVENIRS SOUVENIRS de cette voix chaude qui s'élève majestueuse dans le ciel encore rouge victime d'un soleil assassin...
Elle appelle à la rupture du jeûne de ce jour saint du mois de Ramadan alors je me vois me couvrir la tête d'un foulard ou d'un chiffon et me joindre à ma famille pour la prière du Mogrob(crépuscule)....

Mais pourquoi maintenant lorsque le cadran a dépassé le midi, mes années leurs printemps?

Comment expliquer cette ferveur pour garder les souvenirs qui ont taxé mon enfance toujours affluer et jamais muets?

Pourquoi ne suis -je jamais bien assise, toujours nostalgique boudant l'actuel comme un enfant gâté , magnifiant le passé comme un malade gâteux?

Pourquoi cet arrière goût en moi comme une chéloide indélébile?

Pourquoi cette réticence, ce regard rivé vers un hier qui devient flou ?

Je me cafarde dans mes ruminations profondes comme si je me plais dans ce malaise obscur.

En réalité, j'aime butiner dans ce jardin secret..
parcequ 'un air serein me manque où les enfants jouent ensemble main dans la main sans trop se soucier de couleur de peau, de rang ou d'appartenance!
parceque les identités ne sont pas meurtrières, les regards des mitraillettes, les appartenances une cravache qui laboure les vies écartant l'étranger, le différent comme un lépreux, un immonde,
un ennemi à abattre!
parce que l'holocauste a disparu certes, ses martyrs aussi mais il reste dans les cœurs, les esprits un autre modèle de four, de pilotis, de solution finale où les enfants sont élevés dans la haine du prochain :le juif , l'arabe, le noir, l'iranien, l'afghan, le....
La liste s'allonge chaque jour un peu plus tissée dans des toiles d'ignorance que nos politiciens gavent pour des enjeux strictement pernicieux.
Ma mère , la tienne , les autres ne sont peut-être plus tenues à beaucoup de choses certes mais que reste-il de cette étoile damnée qui a hanté ses jours et ses nuits certes un port pas du tout obligatoire, discriminatoire et douloureux mais tellement prisé par les jeunes de nos jours?
quels sens donnons-nous réellement à la kippa, le foulard ou la burkha une frontière , un mur, des cisailles pour déchirer les peuples et bannir les nations ou juste une conviction personnelle, un acte pieux?
quels regards posons-nous sur ces gens et quels regards abordent-ils eux-mêmes en nous regardant ?
Je commence à perdre le cours de mes idées ....
Je bafouille dans mes égarements.
Je bégaie en pensant aux réactions de ceux qui me liront.
Je trébuche en imaginant leurs interprétations.
Je transpire dans cette crainte et je ne me sens plus vrai
Pour cela, je préfère m'arrêter ...
Juste le mot de la fin, ma mère est encore plus belle avec ou sans son étoile gammée,
son foulard ou sa burkha
car la guerre ne légitimise aucune criminalité
et que c'est dans l'amour des autres qu'elle m'a élevée!

mardi 6 octobre 2009

voici sur " Écrire" ce que j’ai écrit , il y a pas quelques temps à un ami
c’est valable ici aussi.


Moi aussi, t’inquiète mon ami,

J’écris dans le jour et dans la nuit,

Sur du papier et sur mes mains,

Dans le réel et dans le fictif….

A voix haute et dans ma tête,

Dans la lumière et dans le noir.

Comme maintenant parce que ma fille dort..

Ou encore lorsque mon corps

Se refuse au sommeil

Que je me défile comme par adultère

Vers une couche interdite

Où seuls les mots savent me faire frémir ...

Une fois que je les couche sur le papier,

Une paix envahissante s’empare de moi,

Je frôle les étoiles .

Les voix dans ma tête ne me parlent plus,

Celles du passé se sont tues.

Instants rares,

Magiques,

Réparateurs.

J’adore jouer avec les mots..

Le verbe m’amuse et je l’amuse..

Nous nous roulons dans une transe secrète

Me fait beaucoup de bien,

Traite mes maux ...

Me délivre de mes peurs…

Peur du jour qui ne finit plus…

Peur de la nuit qui arrive sur moi plus vite que prévu…

Peur de trop rire ou trop pleurer…

Peur du vide.

Peur de ce calme plat qui cache mal la tempête .

Peur de ces visages amis que je ne reconnais plus..

Peur de ces étoiles damnées

Peur qu'elles ne me reviennent mal interprétées

Peur du choc des cultes

Peur de ces incultes .

Peur de mon enfant qui grandit et me défie ...

Peur de ce regard qui soupèse,

De cet autre qui écorche ou met à nu..

Peur du dit et non dit….

Peur de moi et des autres…

Peur de moi qui se dresse en permanence contre moi

Comme un garde-fou!

Comme une sentinelle

Rappel à l'ordre

Complaisance et confort de vie

Censure et interdits.

Alors, écris mon ami

Sans aucune retenue

Du moment que l’amour du mot est encore brûlant.

Garde ta flamme allumée

Sinon, elle emportera le plaisir à jamais !

lundi 5 octobre 2009

Qu'est-ce qu'il faut pour être heureux?

Ce matin, je me sens plus calme.
Un peu moins aigrie,
sûre de moi plutôt confiante
presque belle...


Seuls ceux qui connaissent ma folie :
cet accès d'aigreur, de défaite, d'amertume ou de déprime qui vous tient à la gorge par certains matins
vous fait tout détester ou plutôt ne rien aimer,
juste un gôut fade ou amer qui racle au fond du palais
sauront comprendre .



Comment expliquer ces états d'âme?

Le pourquoi des choses....
Je ne sais pas
Je ne sais plus.




Hier, j'ai pris le train avec ma fille pour sa ville d'étudiante.

Le trajet m'a paru moins pénible qu'au retour probablement parcequ'elle était là bien en chair à côté de moi, moi d'elle .

Un état fusionnel grave dont je me rends compte .

Un comportement aux limites de la normale.

Un cordon ombilical dont je meurs.

Un cordon dont je vis!



Certains sont élevés dans la peur pour se parer du feu comme dirait mon ami Roger .

D'autres , toujours dans cette même peur pour distancer la séparation, la solitude , l'oubli ou l'abandon.



Peux-ton parler de séparation lorsqu'il s'agit de situation temporaire?

Peux-on parler de solitude lorsque nos vies sont tumultueuses et archibondées?

Peux-t-on parler d'abandon lorsque nos peaux adhèrent dans leurs moindres fibres sans jamais se décoller?

"Femme médecine, Homme chaman."
Je ne sais plus vraiment
Mes idées se confondent.
Ma vue se brouille .
Mon savoir est limite
Ma science est mitigée.
Mais pourquoi vais-je vous encombrer de tout cela lorsque j'avais pour intention première de vous parler de mon voyage à travers les féeries de mon pays.

Qu'est-ce qu'il nous coûte d'être heureux ?



Mon train roule à une allure ...
Vertigineuse pour celui qu'on éloigne de ses aimés
Lente à mourir pour celui qui a hâte de les retrouver .
Par moment, je sors de mes transes et tergiverse avec le panorama qui s'offre à moi par à coup en s'éloignant des grandes villes.
Un spectacle de désolation.
Des arbres déracinés en poignée
Une digue emportée
Un oued libéré
Tatouage d'une récente tempête.
Une maison en pierre non achevée
Une grande cour pour mes yeux fatigués
La promiscuité de nos appartements
Leur exiguité.
Des adultes se dorent debout dans les rayons d'un soleil pas toujours clément
Des enfants jouent en sécurité.


Qu'est-ce qu'il faut pour être heureux?
Des poches pleines
Un compte fourni
Des vêtements à couvrir une caserne
Une armada
Une armée
Une puissance?????

Une veillée autour du canoun
Un thé à la menthe sous un olivier
Une marmaille qui braille
L'odeur du jasmin ou encore celle de l'oranger
Un couple qui se cherche du regard ????

Qu'est-ce qu'il faut pour pour être heureux
Des histoires simples à raconter
Des mains tendues sans accompte
Des têtes pas trop pesantes
Des têtes pas trop pensantes
qui ne cautionnent l'horreur
ne légitimisent le superflu
s'habillent de simplicité
dorment à poings fermés.

Qu'est-ce qu'il ne faut pour être heureux
Le mensonge qui habille nos relations
maquille nos apparences
solde nos amours.

Je ne sais pas
Je ne sais plus
Ce dont je suis sûre
C'est cet air heureux
que me rendent ces gens
presque en haillons
que le détail encombre peu
C'est ce regard vif qui me subjugue
de ces écoliers qui marchent des kilomètres pour rejoindre leur école
sous le soleil tapant
sous la pluie, j'imagine
mais qui trouvent le moyen de jouer
se lancent des pierres
font du landart sans le savoir
grattent les arbres
gravent leurs noms,
celui de leurs amours
boivent à la source
et sont heureux.

dimanche 4 octobre 2009

Ma grande bleue....


Venez mes amis,
Je vais vous enivrer
Du remous de ma belle
Elle s’étire avec langueur
Dans une robe osée
tantôt émeraude
tantôt arc en ciel
Elle voltige tour à tour
Me prend dans ses bras
Avec amour
Tantôt grondante
Tantôt conciliante

Des fois, elle glisse sur moi
Comme un souffle doux
comme un frémissement.

Chien docile en mal de caresses
Douleur fossile et mal être
Balbutiement
Reconnaissance
Déperdition
Renaissance.

Elle avance sur moi
chaque fois un peu plus
Toujours plus loin
Elle m’emporte
Effusions
Sensations fortes
Baisers salés
Rêves brisés
Bras de fer
Corps à corps..

Elle me tient
Me relâche
Me reprend de plus belle
Haletante
Rusée
Immodérée
Pondérée.

Je lui livre mes tourments
Elle m’offre ses secrets
L’éternité s’écoule
Je fonds en elle
Elle fond en moi
Hors temps
Hors saison
Aurores et couchants…





ps:
j'ose offrir modestement ce texte comme un bouquet ,comme une puissante bouffée d'air frais de ma grande bleue pour tous mes amis ici.
A toi Roger qui nous file chaque jour de merveilleux canevas sans se lasser!

vendredi 2 octobre 2009

Moi aussi, je ne suis pas snob mais je commence à douter...












Lorsque je passe dans la rue

Qu’il y a cet inconnu

Grelottant sous ses haillons

Que je m’enfonce agréablement

Bien au chaud

En poussant au plus fort

L’accélérateur ou la radio

Pour oublier cette vision d'horreur.


Lorsque je regarde les infos

Que le nombre de morts s’allonge

Sans sexe ratio

Juste des étoiles qui corrigent cette fois la ” ville “ sans sucre

La guerre continuant à orner les derniers soupirs de l’homme

Je ne sais qui l’a déjà dit

Mais c’est dans l’exquis .


Lorsque le pervers rôde encore

Dans nos maisons

laissant les malheurs d’Annie se faire

Stokholm et déraison

Juste parce que nous devons taire

Les erreurs de nos aimés.


Lorsque j’hésite

A porter mes mains gantés

Dans ces cheveux pouilleux,

Approcher respiration coupée

Ce lit cafardeux

Une grimace infirme en guise de sourire

Pour Cosette

Une tapote généreuse

Pour Alice au pays des merveilles

Différences d’instinct allumé

Palliatifs et soins en grand différé


Lorsque la mort œuvre en maîtresse des lieux

Que nous passons sans être affectés

Oubliant que le prochain arrêt

Pourrait être

Le nôtre

Le vôtre ...


Alors je suis snob si je n’y ai pas pensé!

jeudi 1 octobre 2009




JE VOULAIS JUSTE FAIRE LIRE

FAIRE REVIVRE UN GEANT

D’IL N’A PAS SI LONGTEMPS

UN DELICE AUX CONFINS DU DELIRE

DU SUCRE….

J'ESPERE QUE VOUS PARTAGEREZ,,,,



De Pablo Neruda


Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l’habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d’émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu’il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd’hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d’être heureux!